J-C Pecker at UNESCO
Speech by Prof. Jean-Claude PECKER, speaking on behalf of IHEU at UNESCO General Conference, 1999<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />
Débat de Politique Générale
Intervention, au nom de lI.H.E.U.
Union Internationale Humaniste et Laïque
International Humanist and Ethical Union
Prof. Jean-Claude PECKERMadame la Présidente,
Mesdames et Messieurs,
Fondée en même temps que lUNESCO, notamment par Sir Julian Huxley, lUNION INTERNATIONALE Humaniste et LaïquE poursuit, depuis un demi-siècle, les mêmes objectifs que lUNESCO, avec des moyens beaucoup plus modestes, mais peut-être une plus grande liberté vis-à-vis des Etats-membres.
Or on doit salarmer de voir ces objectifs plus éloignés quils ne létaient il y a cinquante ans. La population mondiale, alors de deux milliards, atteint aujourdhui 6 milliards, et ne cesse de croître. Les disparités économiques entre pays nantis et pauvres ne cessent daugmenter. La « décolonisation » et la chute de certains grands empires nont pas amélioré la situation. La misère des plus misérables sest accrue dans leur propre pays, par une concentration des richesses entre les mains de quelques-uns. Les conflits allumés par les tensions démographiques, économiques, sociales, voire religieuses, sactivent jour après jour. Les droits de la personne humaine sont foulés aux pieds en tous les points de notre planète. Des incendies couvent et éclatent au gré du vent des intérêts inavoués qui les attise. La situation est lamentable, cest une aberration.
Pourtant lhumanité est une. Une immense solidarité devrait unir les habitants de cette planète et primer toutes les autres considérations. Nous, humanistes, croyons que lavenir de lhumanité pourrait être brillant : les moyens que nous offrent la science et la technologie, essentiellement planétaires, sont capables daméliorer la condition humaine. Une simple preuve en est lallongement moyen régulier de lespérance de vie.
Nous devons dabord, comme il est écrit dans le Manifeste Humaniste 2000, signé par une pléiade déminents humanistes, reconnaître partout la dignité et lautonomie des individus, la responsabilité et les devoirs de tous vis-à-vis de tous, le besoin, dès le plus jeune âge, dune éducation à des principes déthique réellement universels. Cest un devoir de lhumanité vis-à-vis delle-même.
Il est donc impossible de considérer avec sympathie les politiques qui se déploient, attisant les conflits. La mondialisation qui saffirme est celle des intérêts financiers, de la pression des armes, cest-à-dire des marchands darmes et de pétrole. Ce nest pas celle de nos valeurs humanistes, de notre destin commun. Ce ne peut être en aucun cas celle de lUNESCO. Nous ne pouvons plus laisser ce monde en proie aux égoïsmes, aux appétits de puissance. Hélas les plus grands pays, qui se veulent chez eux des exemples de démocratie pour le monde, foulent au pied cette même démocratie dans les actions internationales : ce sont les plus importants fournisseurs darmes de mort dans le monde. Certains pratiquent encore la peine de mort sous des formes inadmissibles. Les plus petits pays pâtissent souvent de dirigeants habiles, mais cupides. Un clientélisme sy développe sans frein. Aux bords des grands empires, les tensions sont attisées par les disparités, par des nationalismes quon aimerait dune époque révolue, par les fondamentalismes de toute sorte. Ceci est vrai dans les cinq continents.
Nous ne pouvons pas laisser, sans réagir, le chaos sinstaurer ainsi, sous la houlette de ces maffias, - maffias des religieux fondamentalistes, maffias des nationalismes exclusifs, outranciers, dépassés, maffias des trafiquants darmes, maffias des marchands de pétrole, ou de nimporte quoi, maffias des marchands de haine, maffias aussi des marchands de croyances obscurantistes, tant est grande la crédulité des gens et leur désarroi.
Cest dire à la fois notre malaise et, cependant, notre immense espoir. Car nous savons aussi que luniversalité des progrès de la connaissance rationnelle, la seule qui puisse prétendre à luniversel, luniversalité qui doit être admise des droits de la personne humaine, luniversalité vitale du respect des uns par les autres, martelées combien de fois par lUNESCO, doivent finalement simposer, comme une absolue nécessité de survie. Par notre présence ici, nous, humanistes et laïques, souhaitons dire OUI à une Unesco sachant dire NON si nécessaire, pour que lUNesco soit le garant de lUNiversalité.
Je vous remercie de votre attention.
