Extraits de l'Histoire de l'IHEU
Hans van Deukeren ; traduction: Sam Ayache
1850 - 1952 : La route vers le congrès de fondation
[p. 16/17] Quatre générations d'humanisme organisé - [p. 20] Goûtant les libres penseurs : Rome 1949 - [p. 20/21] Le congrès de fondation de l'IHEU : Amsterdam 1952 - [p. 23] L'Humanisme comme religion
1952-1962 : Années de construction
[p. 32] La conférence européenne d'Anvers, 1955 - [p. 37] Action Laïque - [p. 39] Le congrès mondial d'Oslo, 1962
1962-1975 : Grands espoirs, maigres années
[p. 46] Les congrès - [p. 47] Congrès mondial Paris 1966 - [p. 58/59] Dialogues
1975-1989 : consolidation imaginative et perspectives prometteuses
[p. 76-78] Représentation internationale
1989-2002 : affrontements et résurrection
[p. 89/90] Internationalisation : l'«I» de IHEU - [p. 90] Les Congrès - [p. 97/98] La Jeunesse Humaniste - [p. 98/99] Représentation aux Nations Unies et en Europe
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1850-1952 : La route vers le congrès de fondation
En août 1952, l'IHEU a été fondée. A ce moment, l'humanisme moderne organisé avait déjà une tradition d'au moins cent ans, incluant d'autres fédérations internationales qui se reconnaissent parmi la tradition humaniste. On peut discerner quatre «générations» d'humanisme moderne, nées autour des années 1850, 1890, 1918 et 1945, dont trois se sont réunies ensemble dans l'IHEU en 1952.Quatre générations d'humanisme organisé
La plus ancienne génération est formée par les athées, incluant les libres penseurs, les rationalistes et les laïques, qui rejettent explicitement toutes les religions. Ce mouvement est né au milieu du dix-neuvième siècle en Europe occidentale et en Amérique. Les différentes organisations de libres penseurs se sont bientà´t réunies en congrès internationaux et en 1880, elles ont fondé l'Union Mondiale des Libres Penseurs, qui existe toujours. L'UMLP était très active dans les années autour de 1952, ce qui explique pourquoi aucune organisation ouvertement libre penseuse ne se trouvait parmi les fondateurs de l'IHEU. Toutefois, depuis les années 1980, ils rejoignent de plus en plus l'IHEU.La seconde génération est formée des soi-disant groupes de libres croyants ou de «culture éthique», qui se sont constitués dans les dernières décennies du dix-neuvième siècle. Historiquement, ces groupes avaient des origines juives et protestantes mais ils sont devenus progressivement plus libéraux, jusqu'à ce que finalement ils identifient les sentiments religieux avec le sentiment d'appartenance à une grande unité cosmique et ne reconnaissent plus un dieu personnel. En 1896, à un congrès à Zurich, des sociétés éthiques des USA, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Autriche, de Suisse et de France se sont unifiées dans l'Union Internationale Ethique. Depuis 1908 jusqu'en 1932, cette organisation a tenu un congrès tous les quatre ans. Toutefois, quand la seconde Guerre Mondiale a éclaté l'UIE a cessé d'exister. Les représentants de la tradition éthique parmi les fondateurs de l'IHEU étaient l'Union Ethique Américaine (AEU, fondée en 1889, avec des précurseurs dès 1876), l'Union Ethique Britannique (BEU, fondée en 1896, avec des précurseurs dès 1886) et la Société Ethique de Vienne (Gemeinschaft fur Ethische Kultur ou Ethische Gemeine Wien, fondée en 1902, avec des précurseurs dès 1894). L'importante Association des communautés libres croyantes en Allemagne (Bund Frei-Religioser Gemeine Deutshlands - BFGD) a adhéré à l'IHEU en 1960.
La troisième génération est celle des humanistes américains de l'entre deux guerres, un groupe issu de la religion Unitarienne qui, selon les termes màªmes de Nicolas Walter «ayant rejeté la seconde et la troisième personne de la Trinité...ont rejeté également la première personne, remplaà§ant le surnaturel et le théisme par le naturalisme et l'humanisme.»....
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Goûtant les libres penseurs : Rome 1949
Les libres penseurs ont organisé leur premier congrès mondial international après la guerre, à Rome du 9 au 12 septembre 1949. Des délégations d'organisations humanistes néerlandaise (Van Praag et la secrétaire internationale Mme Henriette Polak-Schwarz) et britannique (Blackham) ont assisté au congrès, désireuses de faire l'expérience de première main de l'atmosphère de l'UMLP. Les deux principales associations américaines, l'AEU et AHA, étaient absentes du congrès, bien que la deuxième ait été membre de l'UMLP. Pour van Praag et Blackham le congrès a été une grande déception. A vrai dire, ils s'entendaient bien avec les libres penseurs de l'Europe du nord comme M.C Bradlaugh Bonner de la RPA, qui a été «l'aimable présidente du congrès», ou le libre penseur hollandais Anton Constandse. Mais Van Praag et Blackham ont ressenti un fossé immense entre les participants au congrès des pays anglo-saxons et protestants d'un cà´té et ceux des pays latins catholiques d'autre part. Cela devint particulièrement clair à partir de la discussion sur les relations entre humanisme et libre pensée, qui était l'un des trois thèmes centraux du congrès. Les libres penseurs du nord voyaient la bataille contre la religion et l'Eglise seulement comme un moyen pour pouvoir créer une attitude de vie positive qui pourrait inspirer des gens non religieux. Ceux du sud, au contraire, voyaient cette bataille comme une fin en soi. En fait, on avait virtuellement claqué la porte au nez des humanistes quand le congrès a décidé «qu'il ne pouvait y avoir d'affaiblissement de la politique de la libre pensée pour satisfaire les sociétés humanistes».Van Praag a considéré cela comme une approche négative et stérile. «Les Italiens et les Franà§ais n'ont pas compris un seul mot de notre position», a-t-il écrit dans un rapport sur le congrès, bien qu'il ait admis que pour eux «ce n'était pas facile de comprendre l'humanisme moderne en seulement quelques discussions». Cependant sa conclusion était que «la question est posée de savoir si les faits ne nous obligent pas à accepter l'idée d'une forme différente de prise de conscience dans les pays catholiques et les pays non catholiques.» Bien qu'il n'ait pas exclu totalement la possibilité que les membres latins de l'UMLP finiraient enfin à accepter les points de vue de l'humanisme moderne, il a suggéré que pour le moment il serait utile d'établir un nouveau lien étroit entre les organisations humanistes dans les pays anglo-saxons et aux Pays-Bas.
Le congrès de fondation de l'IHEU : Amsterdam 1952
Cela a pris encore trois ans avant qu'un congrès soit convoqué pour discuter des principes de l'organisation projetée et pour décider de sa réalisation pratique. Le travail préparatoire a été accompli par cinq organisations : L'Union Ethique Américaine (AEU), l'Association Humaniste Américaine (AHA), L'Union Ethique Britannique (BEU), la Société Viennoise d'Ethique et la Ligue Humaniste Néerlandaise qui a aussi accueilli le congrès.Différentes associations de màªme nature avaient été invitées pour assister au congrès ; plusieurs ont envoyé des délégations et au cours du congrès deux d'entre elles, la HV belge et l'IRHM indienne ont décidé d'àªtre cofondatrices. Incidemment, la date du congrès a été remarquable car elle a coïncidé presque exactement avec un congrès rival : du 22 au 27 août, l'UMLP des libres penseurs tenait son congrès à Bruxelles. On ne sait pas si c'est fortuit ou non.
Un problème qui a surgi immédiatement était une confusion de langues. Les mots tels que «humanisme», «éthique», «laïcité» ou «religion» ne signifiaient pas la màªme chose pour tout le monde. Ce problème devint aigu quand il a fallu trouver un nom à la nouvelle fédération. Les Américains préféraient l'appeler «éthique», les Européens «Humaniste». Pour les Américains, particulièrement l'AEU, «humanisme» avait un petit goût de pragmatisme, de positivisme et de rationalisme qui s'accordait mal avec leurs propres origines idéalistes. Inversement, pour les Européens, le mot «éthique» était devenu un synonyme neutre de «moral» et n'avait rien de spécifiquement humaniste. Cela peut paraà®tre incroyable mais il a fallu quatorze heures de délibération avant qu'une solution étonnement simple soit trouvée : l'organisation devait s'appeler «Union Internationale Humaniste et Ethique».
Plus de deux cents participants ont assisté au congrès d'Amsterdam. Il a été vraiment international : la moitié des participants étaient néerlandais, mais pas moins de trente-cinq invités sont venus du Royaume Uni et trente des Etats Unis. Il y avait des délégations considérables de France, d'Allemagne et aussi de Belgique et des invités du Japon, d'Australie, de Finlande et d'Autriche. Les plus grosses délégations sont venues des organisations qui avaient co-organisé le congrès, ou au moins avaient été invitées au préalable pour adhérer à la future fédération. Par exemple, une délégation des Amis de la Liberté venue de France était présente, bien que finalement ils aient décidé de ne pas devenir membre. Ils étaient favorables aux postulats de base en général, tels que la défense de la liberté individuelle et la promotion de la justice sociale et de la compréhension, du contact et de la communication mutuels mais ne réduisaient pas cela aux «buts et aux principes plus précis et plus exclusifs» d'une organisation explicitement «humaniste». En d'autres termes, ils acceptaient l'humanisme mais évitaient l'Humanisme.
Comme Huxley était tombé malade, le congrès a été ouvert par Jaap van Praag, président du comité d'organisation, qui a résumé les buts de l'appel du congrès : «D'abord de rédiger un projet de conception de l'humanisme à un niveau international, et ensuite d'établir des relations permanentes entre les groupes humanistes et éthiques dans le monde entier». Van Praag a explicitement averti que la fondation d'une nouvelle organisation internationale alors qu'il existe l'UMLP ne devait pas àªtre interprété comme un acte d'hostilité. Implicitement, toutefois, il a formulé par la suite ses critiques.
«Si nous sommes convaincus de la nécessité de formuler l'humanisme et la culture éthique comme une philosophie de la vie positive et constructive [les italiques sont des auteurs - Gasenbeek et Goguneni], nous ne pouvons pas le faire sans une institution internationale qui réponde à cette conviction».
Cependant Van Praag a soigneusement ajouté qu'il y avait de bonnes relations personnelles entre les humanistes et les libres penseurs. Certains libres penseurs ont en effet pris part au congrès et en fin de compte quelques organisations de libres penseurs ont adhéré à l'IHEU, bien qu'assez peu venant des régions au coeur de l'UMLP telles que de l'Europe méditerranéenne.
Van Praag a souligné la nécessité de l'auto-organisation avant l'intervention en pratique dans les problèmes mondiaux.
«On doit d'abord avoir une main avant de faire le poing. Notre première tà¢che est maintenant de donner des mains à l'humanisme mondial...Donc notre premier devoir est de développer nos mouvements nationaux et de rassembler les foyers épars de l'humanisme à travers le monde».
L'Humanisme comme religion
Van Praag a aussi vivement conseillé à son auditoire : «essayons de voir au travers du sens traditionnel des mots pour atteindre la chose signifiée». Son auditoire eut la chance de pratiquer immédiatement ses recommandations, puisque l'orateur suivant était Julian Huxley, qui avait la réputation de prà´ner une «religion humaniste». Dans son adresse présidentielle sur «Humanisme évolutionniste», qui en dépit de la maladie de l'orateur était très volumineuse, Huxley en fait a plaidé pour une religion «humaniste». Il a dit :«A mon sens, le monde a sans aucun doute besoin d'une nouvelle religion, et cette religion doit àªtre fondée sur des principes humanistes afin de répondre de faà§on adéquate à la situation nouvelle... Nous devons croire qu'une sorte de religion humaniste pourrait et devrait surgir en fin de compte».
1952-1962 : Années de construction
[ Page 32 ]La conférence européenne d'Anvers, 1955
La première conférence européenne de l'IHEU s'est tenue à Anvers du 27 au 31 août 1955. Son objectif était de rédiger le programme défini au congrès inaugural de 1952 et de préparer l'ordre du jour pour le deuxième congrès mondial de l'IHEU en 1957.La première session dirigée par le président de l'IHEU Jaap van Praag a été consacrée à un tour d'horizon de la situation de l'humanisme en France, en Allemagne, en Norvège, en Grande Bretagne, en Belgique et aux Pays Bas. En gros, on rencontrait les màªmes problèmes partout : manque de compréhension et intolérance de la part des religieux, et indifférence de la part des non-croyants. Quant à la situation néerlandaise, le philosophe Libbe van der Wal était plutà´t optimiste pour ce qui est du climat spirituel aux Pays Bas, affirmant que le mouvement humaniste avait été pleinement reconnu et que la conviction humaniste était considérée comme bien sûr une croyance très regrettable mais tout à fait respectable.
Le président Jean Cottereau de la Fédération Humaniste franà§aise a fait un discours sur la liberté humaine et ses implications. Garmt Stuiveling, vice-président de la HV néerlandaise a donné la principale leà§on d'Humanisme dans un contexte international. Selon lui, l'humanisme était symbolisé le mieux par le précepte «Connais-toi toi-màªme». Etre un humaniste, a-t-il argumenté, cela signifie prendre conscience de sa propre position en tant qu'àªtre humain, à la fois formé et limité par son époque et par sa place. Les humanistes, étant préoccupé de ce qui est humain, devraient apprendre tout ce qu'il leur est possible sur la race humaine tout entière. De cette faà§on l'homme peut arriver à une connaissance plus approfondie de lui-màªme, à la conscience de l'unité dans la diversité et à l'acceptation des autres tels qu'ils sont. La tà¢che des humanistes est donc de promouvoir cette faà§on anti-dogmatique de penser et de vivre.
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Action Laïque
Les groupes européens ont parfois posé des problèmes d'un autre ordre; En 1957, on a refusé l'adhésion d'un groupe franà§ais parce qu'on a dit qu'il était «sous influence communiste» (le groupe est devenu membre en réalité au début des années 1980). Un an plus tard, un autre groupe franà§ais, Action Laïque, s'est montré intéressé à rejoindre l'IHEU. C'était un groupe immense avec 1,5 million de membres. Bien que l'IHEU s'soit réjoui de la perspective d'attraper un si gros poisson, cela a posé aussi un problème. A ce moment, le nombre de mandats de chaque organisation membre au Bureau était proportionnel à sa taille, et donc l'accession du groupe franà§ais aurait accaparé tous les mandats. Pour éviter cela, le Bureau s'est dépàªché de changer le barème des mandats afin que le groupe obtienne 18 mandats au lieu de 1500 (toutes les autres organisations totalisaient 25 mandats). Finalement Action Laïque n'est jamais devenue membre de l'IHEU.L'IRHM indienne a rencontré le problème des restrictions monétaires leur interdisant de transférer de l'argent à l'étranger. Pour payer leurs cotisations, ils ont proposé d'envoyer des livres et des périodiques indiens pour àªtre vendus au bureau d'Utrecht. Comme le bureau néerlandais a craint que le marché occidental pour ce genre de publication ne soit trop mince, l'offre a été apparemment déclinée.
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Le congrès mondial d'Oslo, 1962
Quelque 450 délégués de 22 pays se sont réunis dans la capitale de la Norvège du 2 au 7 août 1962, pour assister au 3ème congrès mondial de l'IHEU. Avec comme thème principal «A la recherche d'objectifs à long terme pour l'Humanisme», le but général était de faire entendre la voix des humanistes dans les affaires humaines sur les questions importantes au plan mondial.L'Indien Sib Narayan Ray, rédacteur en chef de «L'Humaniste Radical», a répondu dans son article principal à la question de savoir comment un mouvement humaniste peut contribuer à atteindre la maturité dans un monde immature : au moyen d'un large éventail d'activités, de programmes et de projets dans lesquels le développement et la propagation des idées humanistes seraient la grande priorité.
Le philosophe historien et sociologue franà§ais Raymond Aron examina dans son discours «Vers la liberté dans un monde organisé» comment l'organisation, la technologie et le contrà´le à grande échelle peuvent menacer l'idée humaniste d'une personnalité libre dans une communauté pluraliste. Les humanistes devraient délibérément préférer l'approche fonctionnelle, prenant les problèmes l'un après l'autre, avec pour objectif de donner à chacun l'occasion de se développer librement. Dans la discussion on a soutenu la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies. De manière éviter la confrontation est-ouest, on a proposé d'utiliser à fond les agences des Nations Unies, et d'avancer vers un gouvernement mondial. Un manifeste, appelant à une nouvelle perspective dans les affaires internationales, a affirmé que la tradition humaniste de tolérance conduisait à s'impliquer à travailler à un accord -en bref, à terminer la guerre froide, à accepter les systèmes politiques différents, et à faire des efforts pour la coexistence pacifique. Le congrès a voté des résolution sur le contrà´le des naissances et la libération de la faim, sur la politique mondiale et un appel humaniste pour une nouvelle perspective de vie internationale, fournissant ainsi un certain nombre de suggestions concrètes et pratiques.
1962-1975 : Grands espoirs, maigres années
[ Page 46 ]Les congrès
Après Oslo, les congrès mondiaux ont été organisés tous les quatre ans : Paris (Puteaux) 1966, Boston 1970, Amsterdam 1974. Un congrès régional européen s'est tenu à Hanovre en 1968 ; un congrès régional en Inde la màªme année a été programmé mais a dû àªtre annulé.Ces congrès ont eu tendance à se focaliser moins sur des exposés théoriques et plus sur les conséquences pratiques d'àªtre un humaniste dans le monde d'aujourd'hui.
Le congrès de Paris a été remarquable parce qu'il a attiré beaucoup de jeunes participants, ce qui semblait prometteur pour l'avenir de l'humanisme, bien que ce fut un peu décevant parce qu'un grand nombre de jeunes étaient venus à Paris d'abord pour se rendre au congrès de la Ligue de l'Enseignement. En tous cas, cette tendance n'a pas duré, en dépit du fait que deux ans plus tard à Hanovre un secrétariat Jeune ait été formé.
Le congrès de Boston en 1970 a été le premier à se tenir en dehors de l'Europe. Influencé par les récents développements, tels que le mouvement de protestation de la jeunesse, la réflexion sur la démocratie, et la préoccupation grandissante de l'environnement (la première récompense Humaniste Internationale a été décernée à un promoteur de l'écologie Barry Commoner), il s'est tellement focalisé sur les questions sociales que Van Praag dans son discours de clà´ture a ressenti la nécessité de rappeler à son auditoire que c'était censé àªtre un congrès humaniste.
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Congrès mondial Paris 1966
Le thème du 4ème congrès mondial de l'IHEU tenu du 25 au 30 juillet à Puteaux, près de Paris était «la réponse humaniste aux problèmes et aux aspirations de l'Homme».Le président de l'IHEU Jaap Van Praag a dressé dans «La perspective humaniste» le tableau des différents courants dans la tradition humaniste et discuté de ce qu'ils avaient en commun et de ce qui les distinguait des modes de pensée et de vie non-humanistes. Pour lui l'humanisme est une affirmation de la vie et pas simplement un rejet de dieu. Les humanistes ont en commun la conviction morale que les hommes eux-màªmes dans leur humanité forment le monde d'une manière libre, créative et responsable.
Dans son débat sur «La contribution Humaniste», Gerald Wendt, un ancien directeur de l'UNESCO, a défini le rà´le humaniste en ce qui concerne les problèmes sociaux et les aspirations de l'humanité. Il a proposé que l'IHEU proclame que l'humanisme soit uniquement dédié à l'enrichissement de la vie de tous les hommes. Sidney Scheuer, vice-président de l'Union Ethique Américaine et trésorier de l'IHEU, a présenté dans son débat «Une approche éthique de la paix et une suggestion pratique pour la mise en oeuvre» une proposition pleine d'imagination d'une opération de type location pràªt à l'échelle mondiale pour mobiliser des ressources pour satisfaire les besoins primordiaux des hommes. Il a gagné le soutien enthousiaste du congrès.
De jeunes humanistes étaient remarquablement présents à ce congrès. Ils ont organisé un atelier qui a proposé de mettre en place un secrétariat de la jeunesse au sein de l'IHEU et ils ont fait des contributions parmi les plus importantes et les plus efficaces dans les discussions. L'IHEU dans ce congrès a été décrite comme «poussant en avant un humanisme plus complet, plus hospitalier, plus ouvert et avec plus de saveur. Ses membres sont venus de plusieurs horizons, ont suivi différentes approches et mis l'accent sur des points ou màªme des objectifs qui leur sont propres. Cette fois, on a entendu plus de choses de l'aspect imaginatif et esthétique de l'homme ; des aspects de la vie intérieure et des arts ont figuré au programme des discussions. Un dialogue à l'intérieur de l'IHEU a commencé à se mettre en place à Puteaux».
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Dialogues
[Les paragraphes précédents parlent du «Dialogue» entre l'IHEU et le Vatican...]Concernant l'affirmation du pape mentionnée ci-dessus selon laquelle «un véritable humanisme sans le Christ est impossible», la conférence a donné son accord pour qu'un message soit envoyé au pape pour réfuter cette attaque :
«Alors que ceux d'entre nous de l'IHEU se préparaient à soumettre une déclaration plutà´t diplomatique, l'opinion unanime des catholiques présents a été que l'attaque très violente du président de l'IHEU Van Praag contre le sectarisme du pape soit envoyée au Vatican en provenance du Dialogue. Quand quelques-uns uns d'entre nous ont demandé si, peut-àªtre les participants catholiques voulaient discuter de cette questions en privé, ce fut le Père Gomez Caffarena (Espagne) qui a dit : »Il n'y a rien que je voudrais discuter avec mes frères catholiques que je ne puisse discuter si librement avec vous tous.«
Un second dialogue s'est tenu à l'Union Ethique Américaine en 1972, regroupant ensemble des humanistes américains célèbres, tels que BF Skinner, Corliss Lamont, Sidney Hook, Ernest Nagel, Paul Kurtz, Howard Radest et l'athée Madalyn Murray O'Hair. Beaucoup de dissidents catholiques très connus étaient présents.
Un troisième et dernier dialogue s'est tenu à Amsterdam en 1988. Parmi les participants catholiques il y avait deux cardinaux, Paul Poupard de France et Godfried Daneels de Belgique. La moitié des représentants de l'IHEU étaient de femmes, un fait que, comme le rappelle Kurtz, »a semblé ennuyer la délégation du Vatican« ! A ce moment l'humeur du Vatican était devenue très conservatrice et en conséquence, aucun autre dialogue humaniste catholique ne s'est plus tenu.
La valeur des dialogues Quelques humanistes ont exprimé des doutes concernant l'utilité des dialogues. Paul Kurtz, toutefois, qui a été présent à presque tous les dialogues avec des marxistes et des catholiques, est convaincu qu'ils ont été très constructifs et qu'ils ont eu une influence significative. Les dialogues avec les marxistes, dit-il, ont »sur une modeste échelle aidé à convaincre des intellectuels de l'importance de l'humanisme [...] Rétrospectivement, Stojanovic et d'autres philosophes croient que l'humanisme marxiste a joué un rà´le important en poussant les pays communistes hors du stalinisme et vers la démocratie«.
Les dialogues avec les catholiques ont inspiré beaucoup de penseurs catholiques libéraux, par »notre défense du droit à la vie privée, l'autodétermination, la liberté de conscience, les droits des femmes, les droits des homosexuels, notre défense de l'euthanasie, de l'avortement, de la contraception, etc...Aujourd'hui, beaucoup des critiques de l'Eglise catholique se basent sur une perspective humaniste, au moins en partie. Ainsi les dialogues étaient importants et ont une signification historique, et au moins ont été lus par les théologiens libéraux (comme Hans Kung et d'autres).
Le point central est que, dit Kurtz, l'IHEU et les humanistes ont défendu la société ouverte, les droits de l'homme, et les libertés civiles.
Les dialogues avec les protestants n'ont jamais eu beaucoup de succès. Depuis 1967, l'IHEU a contacté le Conseil Mondial des Eglises (WCC) pour discuter des possibilités de coopération constructive et en 1968 le président et le secrétaire de l'IHEU se sont rendus à Genève pour discuter avec le WCC. En pure perte, le Conseil a déclaré qu'il n'était pas intéressé.
D'un autre cà´té, un dialogue de l'IHEU avec les marxistes a semblé plus prometteur. A la fin des années 1960, plusieurs pays de l'Europe orientale ont essayé de se frayer une orientation politique plus ouverte et plus progressiste et qui était moins dépendante de l'Union Soviétique qu'auparavant. En particulier la Tchécoslovaquie de Dubcek (jusqu'en 1968), la Yougoslavie de Tito et la Roumanie de Ceausescu ont montré différentes formes de «communisme à visage humain». Cela semblait rendre le dialogue avec eux intéressant. Après que des marxistes proéminents ont été contactés en 1967 et 1968, trois dialogues se sont tenus : Vienne 1968, Herceg-Novi 1969 et Boston 1970. Les questions débattues ont été l'aliénation, la bureaucratie, la tolérance, la nature humaine, la structure sociale, la révolution et le changement social. Les marxistes se sont déclarés àªtre «des humanistes au goût marxiste» plutà´t que des «marxistes au goût humaniste», il y avait pourtant des différences profondes :
«Les humanistes marxistes étaient enclins à excuser l'emploi de moyens moins humains pour parvenir à des idéaux et à des buts supérieurs, les non-marxistes par principe ne voulaient par recourir à des moyens non-humains, au risque de ne pas réaliser leurs idéaux».
L'établissement tant souhaité d'une section séparée pour l'humanisme et l'éthique par les sociétés nationales philosophiques n'a réussi qu'en Yougoslavie. Cette Section Humaniste et Ethique de l'Association Yougoslave de Philosophie (HESYAP) est devenue membre associé de l'IHEU en 1970 et été promue au statut de membre consultatif l'année suivante, apparemment comme gage de soutien.
En 1970, le dialogue avec les humanistes marxistes aurait pu se poursuivre à Boston, bien qu'à une moindre échelle, puisque seuls quelques Européens de l'est ont pu participer. Après tout les dialogues ont été entravés par des autorités d'Europe de l'est de moins en moins coopérantes, et les dialogues prévus en 1972-1974 ont été annulés. Ce n'est qu'en 1979 qu'une autre rencontre a pu avoir lieu. Toutefois l'IHEU a trouvé d'autres voies pour soutenir les marxistes humanistes dans leur lutte pour les droits de l'homme. Quand au début des années 1970, le groupe HESYAP a subi de plus en plus de pression des autorités yougoslaves, l'IHEU a intensifié son soutien, aussi bien en publiant des déclarations publiques qu'en choisissant la figue de prou de l'HESYAP, le professeur Mihailo Markovic, comme coprésident de l'IHEU.
A partir de la fin des années 1960, l'IHEU a commencé à conduire un si grand nombre de dialogues qu'il paraà®t parfois qu'ils ont appelé chaque réunion un «dialogue». Parmi d'autres, il y a eu des dialogues avec des partisans de l'apartheid Sud-africain, le Club de Rome, les bouddhistes et les hindous, les homosexuels et les libres penseurs. Le dialogue avec les libres penseurs a été entravé par le fait qu'il s'est avéré difficile de trouver si l'UMLP existait encore. Toutefois, une autre organisation internationale libre penseuse a été trouvée, l'Association Internationale pour un Christianisme Libéral et la Liberté Religieuse (IARF). En 1974, l'IHEU et l'IRARF ont coopéré en organisant un séminaire à Dortmund, Allemagne.
1975-1989 : consolidation imaginative et perspectives prometteuses
[ Pages 76-78 ]Représentation internationale
Au cours des années 1970, l'IHEU a commencé à étendre son réseau de représentants internationaux qui jusqu'alors s'était limité à deux postes (l'UNESCO à Paris et les Nations Unies à New York). En 1979 Bert Schwarz au Bureau a souligné la nécessité d'avoir de bons contacts avec le Parlement européen. Cela pouvait s'avérer utile pour avancer les intéràªts humanistes, en introduisant une voix clairement humaniste dans ses réunions, mais l'initiative a été également provoquée par la considération qu'un «lobby» européen pouvait «rapporter des fonds». Pour encourager la constitution d'un réseau, on a proposé que les organisations membres de l'IHEU venant des pays de la Communauté Européenne forment un Comité Européen pour la promotion des Intéràªts des Personnes sans appartenance religieuse, bientà´t abrégé en Coordination Européenne sans appartenance religieuse (Non-denominational European Coordination - NEC), «Euro - Comité» ou «Lobby Humaniste».Deux ans plus tard, le Bureau a décidé qu'il serait utile que l'IHEU soit non seulement représentée auprès du Parlement européen mais aussi au Conseil de l'Europe, o๠plus d'états européens étaient représentés. En fait, l'IHEU avait demandé, et obtenu, le statut d'ONG au Conseil de l'Europe en 1973, mais pas grand chose n'avait été fait par la suite. En 1980, toutefois, Alexandre Marius Dées de Sterio, du Luxembourg, est devenu le représentant de l'IHEU au Conseil de l'Europe à Strasbourg. Dans son premier rapport, Sterio n'a pas été beaucoup impressionné par les discussions à la section des droits de l'homme - «répétitif et généralement d'un niveau assez bas» - mais il a souligné l'importance pour l'IHEU de se faire mieux connaà®tre. De Sterio a rempli et continue de remplir très bien sa mission. En 2000, il a reà§u une rare distinction «au mérite» du Conseil de l'Europe.
Le second poste nouveau de l'IHEU a été aux Nations Unies à Genève, o๠A.James Dilloway a été le représentant de l'IHEU de 1976 à 1997. Etant un ancien fonctionnaire des Nations Unies, Dilloway connaissait l'énorme organisation de l'intérieur. Ses rapports annuels montrent c'était un avantage indéniable : chaque année, Dilloway présentait un compte rendu instructif sur les principaux développements o๠les Nations Unies étaient impliquées, et il se concentrait ensuite dans les domaines d'activité qui intéressaient le plus l'IHEU, particulièrement les droits de l'homme, décrivant ce qu'il était important de connaà®tre pour l'IHEU et o๠l'IHEU pouvait contribuer aux Nations Unies. Dilloway a reà§u une Distinction au Service de l'Humanisme en 1996 au congrès de Mexico.
Depuis 1981, l'IHEU a été représentée aux Nations Unies à Vienne, mais jusqu'à présent il s'est avéré difficile de trouver des candidats qui peuvent passer suffisamment de temps à cette fonction sur une période plus longue.
1989-2002 : affrontements et résurrection
Pages 89 / 90Internationalisation : l'«I» de IHEU
Avoir un Directeur Exécutif venant de l'Inde peut en soi revàªtir quelque importance, en complétant le point de vue «Eurocentriste» et universitaire de l'IHEU avec une familiarité de première main avec un pays du Tiers Monde et avec les problèmes pratiques que les humanistes rencontrent là -bas dans leur vie quotidienne. Cela s'accorde parfaitement avec le pluralisme de l'humanisme pour lequel la direction actuelle de l'IHEU s'est pleinement engagée. L'humanisme international d'aujourd'hui abrite aussi bien des formes philosophiques que pratiques ; les écoles de pensée anti-religieuses et anti-cléricales ont leur place aussi bien que des formes plus implicites d'humanisme. Parmi d'autres choses, cela a conduit à une coopération active avec l'organisation libre penseuse UMLP. Le nombre de libres penseurs membres de l'IHEU a également augmenté remarquablement ces derniers temps.Bien qu'il n'y ait pas deux humanistes semblables, l'IHEU met maintenant l'accent sur ce que tous les humanistes ont en commun, leur «identité commune globale». Comme Levi fragell l'a rappelé tant de fois, l'accent est maintenant mis sur «seulement huit lettres» (c'est-à -dire le mot «humanisme» [en anglais]), sans les adjectifs qualificatifs comme «laïque», «religieux» ou «athée». Dans la màªme veine, Fragell a plaidé pour l'adoption par l'IHEU d'une «déclaration minimum» sur l'humanisme, une simple définition qui pourrait àªtre acceptable par toutes les organisations humanistes.
La déclaration minimum (1991, 1996)
En 1991, après bien des années de discussion, le bureau de l'IHEU a adopté une Déclaration Minimum sur l'Humanisme. Cinq ans après une phrase a été rajouté au milieu, ce qui illustre que des déclarations comme celle-là peut seulement àªtre un instantané au cours d'une période de changement qui ne peut jamais àªtre considéré comme définitif. La Déclaration Minimum est aujourd'hui rédigée ainsi :«L'humanisme est un mode de vie démocratique et éthique qui affirme que les àªtres humains ont le droit et la responsabilité de donner un sens et une forme à leur propre vie. Elle défend la construction d'une société plus humaine au travers d'une éthique fondée sur des valeurs humaines ou d'autres naturelles dans un esprit de raison et de libre examen au travers des capacités humaines. Elle n'est pas théiste, et elle n'accepte pas de points de vue surnaturels de la réalité».
Le premier projet de cette déclaration a été proposé par Levi Fragell en 1988, qui a été le défenseur infatigable des avantages pour l'IHEU de se reconnaà®tre dans une définition commune unique et concise. Le texte a été mis au point par un comité composé de Levi Fragell, Prakash Narain et Harry Stopes-Roe.
Les Congrès L'internationalisation accrue est visible d'après les lieux des récents congrès de l'IHEU. En 1990 et 1992, deux congrès mondiaux ont été organisés aux Pays bas qui ont été remarquable en ce qu'ils ont reà§u la visite d'un groupe de participants du Tiers Monde. Après cela, une série de congrès se sont tenus en dehors de l'Europe : le congrès mondial de Mexico (1996) et Mumbai [Bombay] (1999), les congrès régionaux de Buenos Aires et de Sydney (2000). En plus l'IHEU a organisé ou s'est associée à des conférences au Costa Rica, en Egypte, à Stockholm, à Oslo, à Avignon, à Strasbourg et à Bruxelles. L'IHEU a été aussi représentée dans des conférences et des réunions des Nations Unies à Durban, Madrid et Genève et les dirigeants de l'IHEU ont donné des conférences sur des sujets humanistes ou non - humanistes dans des forums à Helsinki, Delhi, Mumbai, Boston, Mexico, Dhaka, Khatmandu et à un débat de la Société de l'Union de Cambridge.
Le congrès mondial 2002, célébrant le 50ème anniversaire de l'IHEU avec pour thème «Tous différents - tous égaux : la diversité humaine, les droits de l'homme, l'Humanisme» se tiendra du 3 au 6 juillet 2002 à Noorwijkerhout, aux Pays Bas. En 2005, le prochain congrès mondial est prévu pour se dérouler à Paris au moment o๠la loi de séparation des églises et de l'Etat fàªtera le centenaire de son adoption.
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La Jeunesse Humaniste
La section jeunesse de l'IHEU qui a existé au cours des années 1960 et 1970 a été démantelée en 1977. Toutefois, en 1983, à la conférence de la Paix de l'IHEU à Zutphen, un projet a été avancé pour relancer une organisation jeune de l'IHEU. Un an après, en octobre 1984, les jeunesses humanistes des Pays Bas, de Belgique d'Allemagne, d'Angleterre, du Luxembourg d'Italie et de Norvège se sont réunies à Bruxelles et ont décidé de refonder la Section Jeunesse de l'IHEU sous le nouveau nom de IHEYO (International Humanist and Ethical Youth Organisation = Organisation de Jeunesse Ethique et Humaniste Internationale)L'IHEYO a organisé différentes activités, comme des camps d'été, des séminaires, des conférences et des programmes d'échange de jeunesse humaniste. Par exemple, en 1989, un camp d'été international a été organisé sur le thème «Est-ce que les Pays Bas sont vraiment aussi tolérants qu'ils le prétendent ?» et en 1990 et 1992 les conférences de l'IHEYO se sont tenues en rapport avec les congrès mondiaux de l'IHEU à Bruxelles et Amsterdam (la conférence de l'IHEYO de 1992 «Etre égaux, àªtre différents» était un avant-goût du thème qui a été choisi pour le congrès de l'IHEU de 2002). Toutefois, la base de l'IHEYO était étroite puisqu'il n'existe d'organisation séparée de jeunes qu'aux Pays Bas, qu'en Belgique et qu'en Allemagne. Ailleurs, les jeunesses humanistes adhèrent aux organisations humanistes adultes et la seule organisation de ce type avec un nombre important de jeunes adhérents est l'AEU (USA). Le faible nombre d'organisations de jeunesse humaniste a également empàªché l'IHEYO de resserrer ses liens avec la Communauté Européenne, parce que pour y parvenir, il fallait qu'il y ait des organisations membres dans au moins quatre pays. Le Comité Exécutif de l'IHEYO était exclusivement néerlandais jusqu'à ce qu'il déménage à Bruxelles.
Trouver des volontaires qui seraient préparés à se charger du travail d'organisation n'a pas été facile. En 1987 cela a conduit à une véritable paralysie des activités de l'IHEYO pendant une demi - année, et depuis 1995 l'IHEYO est entrée en état d'hibernation prolongée, jusqu'à ce qu'en 2000 elle ait été «réactivée». Avec le soutien de «Sens Commun», un trimestriel inter-universitaire humaniste et libre penseur basé aux Etats Unis, un programme d'échange international d'internat pour des jeunes humanistes a été lancé. En juillet 2002 l'IHEYO tiendra un congrès international de la jeunesse humaniste en parallèle avec le congrès de l'IHEU
Représentation aux Nations Unies et en Europe
Autour de 1990, deux représentants de l'IHEU se sont ajoutés aux cinq déjà existant. Comme les pouvoirs des institutions européennes se sont accrus, en 1989 Etienne Boumans est devenu le représentant de l'IHEU au Parlement Européen (Luxemboug et Strasbourg) et à la Commission Européenne (Bruxelles).Un an plus tard, l'IHEU s'est vue accorder le statut consultatif à l'UNICEF à New York o๠Thelma Stackhouse est venue jouer un rà´le important au groupe de travail des ONG sur les droits de l'enfant.
La représentation à Bruxelles a été prise en charge par la Fédération Humaniste Européenne, constituée en réalité des organisations européennes membres de l'IHEU.
En 2000, le statut de l'IHEU aux Nations Unies a été promu au rang de «statut ONG consultatif spécial» qui automatiquement donne droit à l'IHEU à faire des contributions à l'ECOSOC (Conseil Economique et Social des Nations Unies - New York) o๠l'IHEU n'était pas représentée jusqu'à présent.
Pour àªtre plus efficaces, plusieurs délégations de l'IHEU se sont élargies et transformées depuis le début des années 1990. Par exemple, l'équipe aux nations Unies à New York consiste maintenant en cinq personnes.
En 1990, le Bureau a noté que l'IHEU pourrait se porter candidate à des subventions européennes, et une année plus tard, à la réunion de Bureau de Prague, la Fédération Humaniste Européenne (EHF) a été fondée, réunissant les membres européens de l'IHEU. Au cours de cette réunion de Bureau, on a poussé les membres européens pour qu'ils deviennent membres de l'EHF «stante pede»[1].
L'EHF a trois principaux champs d'activité : elle se focalise sur les questions spécifiquement européennes, le «lobbying» et la recherche de subventions européennes. Elle fonctionne comme intermédiaire dans les deux sens entre la Communauté Européenne et les organisations européennes membres de l'IHEU.
La valeur de la représentation
On peut se demander si les relations avec l'ONU et les institutions européennes valent la dépense investie en hommes, en argent, en énergie et en - rare - temps. Harold Blackham a soulevé cette question en 1992. Ce n'est pas une coïncidence si c'est lui qui a posé la question, car Blackham a été dans les années 50 la force prépondérante derrière la représentation de l'IHEU dans les institutions internationales. La plupart des porte-parole de l'IHEU, quand on leur demande quelles sont les fonctions centrales que l'IHEU doit remplir, mentionneront les contacts mutuels, la propagande humaniste, le développement de ses idées et de ses organisations ; mais quand Blackham a posé la question en 1992, il a ajouté de manière caractéristique : les relations en tant qu'ONG avec l'ONU et avec le Conseil de l'Europe et la Communauté Européenne.Blackham a reconnu le danger quand il a écrit :«N'allons-nous pas demander à des membres de valeur de s'immerger dans un océan de papier [..] avec peu de résultats et sans récompense?» Mais il ne doutait aucunement de la réponse, pour deux raisons. D'abord, dit-il, le statut élevé d'ONG que l'IHEU a obtenu, constitue «une reconnaissance formelle internationale de son existence publique», et cela apporte certaines responsabilités. Il serait indécent de se soustraire à ces obligations. Ensuite, c'est une occasion unique pour montrer «par notre capacité» ce que défendent les humanistes. En restant au dehors, les humanistes laisseraient un monopole aux religions établies. «Il y a une cause à gagner». Toutefois, Beckham a mis en garde l'IHEU pour qu'elle résiste à la tentation que la concurrence avec les groupes religieux pourrait entraà®ner. «La tà¢che est de rendre la cause humaine et non sectaire».
Parmi les activités pratiques de l'EHF il y a des conférences et des séminaires, par exemple le congrès régional de l'IHEU à Berlin en 1993, une conférence à Utrecht sur «la société multiculturelle» (1998), une conférence sur la «Société civile en Europe» à Oostende (2001). Un exemple d'activité de l'EHF au Conseil de l'Europe a été quand ce Conseil en 2000 a condamné l'euthanasie. L'EHF a protesté au moyen d'un communiqué de presse, défendant le droit de mourir dans la dignité. L'EHF a aussi soutenu le Secrétariat pour l'Europe Centrale et Orientale, qui de 1994 à 1997 a soutenu les groupes humanistes en Pologne, en Hongrie, en Slovaquie et en République Tchèque.
L'EHF illustre comment les réseaux régionaux peuvent àªtre utiles en élargissant les intéràªts régionaux. Ailleurs dans le monde des réseaux humanistes comparables ont été formés. En Amérique du nord, il y a un Comité Nord Atlantique pour l'Humanisme, qui a été fondé indépendamment de l'IHEU par six organisations humanistes US et canadiennes. En Asie du sud en 1995, le Réseau Humaniste sud asiatique s'est formé qui se concentre sur «les vraies préoccupations de l'humanisme dans la région : la démocratie, le rationalisme, les droits de l'homme, la pauvreté, le renouveau fondamentaliste, la superstition et le contrà´le des naissances». Il existe un autre réseau humaniste en Amérique latine.
Je donne ici la version anglaise du texte qui sous-entend une pression exercée sur les organisations européennes pour qu'elles acceptent la décision du Bureau : «During this Board meeting, the European members were rushed to become an EHF member «stante pede". L'expression latine «stante pede" peut se traduire par «à marche forcée" ou «à coup de pied".
